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SOMBORY MA VILLE NATALE


LE SOUS-PREFET ET LE PRESIDENT DE LA CRD


19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 16:24

Malgré ses importantes ressources potentielles, estimées à 40 milliards de tonnes, l'économie guinéenne reste fragile et dépendante de la bauxite. Deuxième producteur mondial derrière l' Australie, ce pays reste pourtant l'un des plus pauvres du continent.

Les contrats miniers qui ont doublé en 24 ans, ne rapporteraient à la Guinée que 120 millions de dollars par an. Dans le même temps, le volume en terme d' exportation de la bauxite et d'alumine ne fait qu' augmenter.

Sous la première République, avec Sékou Touré, l'Etat était actionnaire dans les compagnies de bauxite. Aujourd'hui, elle s'est retirée des grandes sociétés installées en Guinée.

A cette époque le pays retirait entre 300 et 500 millions de dollars par an de bénéfice sur l'exploitation de ses mines, selon un spécialiste.

N'ayant aucune capacité de transformation de ce minerai, la valorisation n'existe pas.

Dans le cadre législatif, le code minier n'est pas favorable à l'interêt du pays. Et dans la pratique, la majorité des contrats ont bénéficié lors de la première République de dérogations par rapport à ce code - ce qui a créé des déséquilibres.

Les compagnies minières sont montrées du doigt. Si le gouvernement ne semble pas s'en plaindre, les populations sont plus vindicatives.

Des initiatives ont été prises avec la mise en place de l'ITIE, l'Initiative de transparence dans les industries extractives.

Abdoulaye Soumah, le responsable des Passassions des marchés à l'ITIE, ne dit pas qu'il n' y a pas de problème :
"cette initiative de transparence a pour principe de publier régulièrement tous les revenus perçus dans le cadre d'un exercice et à un large public. Une fois que ces revenus sont publiés, les gens se rendent compte que le secteur minier a un apport positif dans l'économie nationale."

Pour les habitants de Mambya, un village minier situé au cœur de la zone bauxitique, l'apport positif n'est pas évident.

Ici il n' y a pas d'électricité. Ces poteaux apportés par l'usine CBK, une branche du géant russe Rusal, n'ont pas bougé depuis leur livraison il y a deux ans.

Mamadou Mouctar Diallo est un employé de la CBK et il habite Mambya avec une de ses trois épouses et trois de ses sept enfants.

Pendant 14 ans, il a travaillé à la mine. Avec un salaire de 500 000 francs guinéens, les fins de mois pour lui et ses sept enfants ont toujours été difficiles, sans compter les problèmes de santé engendrés par son métier et il est loin d'être le seul.

"
La majeur partie des employés a été hospitalisée à Kindia, victime de tuberculose pulmonaire. Ca, c'est une pagaille !", nous dit-il en colère.

Avec ses collègues et voisins, Mamadou déplore leurs conditions de travail. Aujourd'hui, il discute avec Ibrahim, puis nous traduit les propos de son
ami. Il explique: "Il a été victime d'une maladie et alors il a été obligé d'aller à Conakry pour les soins médicaux. Mais l'entreprise n' a pas voulu s'occuper de lui."


Selon les habitants, les répercussions des dynamites utilisées dans les carrières de CBK ont lézardé leurs maisons. Avant de partir ils tiennent à nous faire voir un petit cours d'eau, où s' alimente tout le village.

Pour les experts, si la Guinée veut un réel développement, le pays doit exiger des contrats miniers plus justes et plus rentables avec les compagnies. La question est de savoir si le futur gouvernement qui doit être nommé ces prochaines semaines, tiendra ses engagements.

C'est ce que Bakary Fofana, membre du CIRCAM (Comité Interministériel de renégociation des conventions et des accords miniers) craint, car selon lui, "il serait très difficile de revenir en arrière sur ce processus de renégociation de ces conventions. Parce que maintenant les citoyens savent quel est son importance et aussi que c'est un travail qui est fait, pas contre les entreprises, mais au contraire dans un esprit véritable de développement d'un secteur privé performant."


Si la Guinée a développé beaucoup de compétences dans le secteur minier, avec une main d'œuvre qualifiée, il reste encore du travail en terme de valorisation de cette ressource humaine.

Quatre jours après notre passage à l'usine de ACG-Friguia, les ouvriers se sont mis en grève pour protester contre "l'indifférence de la direction de l'usine" à leurs conditions de vie et de travail.

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Published by Par Tatiana Mossot / FRANCE 24 - dans Echos AJDST- France
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