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LE SOUS-PREFET ET LE PRESIDENT DE LA CRD


18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 03:46

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LE FÉTICISME DE L'ETHNIE - Il y a un fait dont il convient de tenir compte : l'ethnie ne saurait remplacer un peuple ou prétendre à le chaperonner. Les tentatives ont toujours été désastreuses. C'est pourquoi malgré les prédominances ethniques qui peuvent ou ont pu exister aucun système politique n'en a découlé. Bien qu'en ordre de naissance, elle soit antérieure au peuple, on parle de démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, et non d'ethnocratie, le gouvernement de l'ethnie par l'ethnie et pour l'ethnie. Sinon, Il y aurait eu une autre configuration géographique du monde.

 

Pourquoi l'ethnie ne peut-elle prévaloir dans un système de gouvernement ?Simplement parce qu'en soi, l'ethnie est improductive. C'est une simple unité d'hommes et de femmes vivant selon les mêmes mœurs et coutumes en utilisant une langue commune. Individuellement, les membres d'une ethnie n'ont pas les mêmes aspirations. Ce qui les réunit au hasard, ou par calcul, c'est l'élan identitaire. Celle-là que les pseudo-leadeurs politiques utilisent comme idéologie à la suite des États coloniaux.

Les éléments qui caractérisent l'ethnie sont immuables parce qu'ils constituent, ensemble, la marque qui distingue une ethnie de l'autre. Conséquemment, ils n'ont de valeurs que par comparaison, par la reconnaissance d'un ou de plusieurs groupes ethniques. L'absence de diversité fait de l'ethnie une composante sociale moribonde en ce sens que le caractère fossile du mode de vie et de comportement qu'elle exige pour exister crée à l'intérieur même de l'ethnie des pulsions révolutionnaires en faveur du changement. Les pseudo-leadeurs politiques assassinent ces pulsions de changement en faveur de l'élan identitaire. C'est le fétichisme de l'ethnie. Il consiste à conférer à l'ethnie une valeur sociopolitique et économique qu'elle est loin de générer en pratique.

Alors pourquoi, l'ethnie existe-t-elle toujours en tant que cellule sociologique ? Une cellule sociologique est une dynamique. En ce sens, l'ethnie n'en est pas vraiment une, en tant que telle dans la mesure où elle joue – uniquement - un rôle de conservation du statut quo ante. Elle se nourrit de l'Histoire pour miroiter la fade splendeur de ses composantes surannées. Du point de vue de la psychosociologie, elle est une distinction inutile, et prévaricatrice de la nation. Encore une fois, du fait de son caractère stagnant l'ultime pulsion de l'ethnie est : l'identité ! Cette dernière n'est pas une réclamation de droits et devoirs au sein d'une société en transformation. L'identité ne réclame que le droit d'exister dans son authenticité et sa distinction des autres. Toutes formes de tentatives visant à en dissuader les précurseurs sont considérées comme une persécution avérée.

En fait, l'ethnie a succédé sans la remplacer à la tribu en tant que forme empirique de protection de l'individu contre un ou d'autres groupes d'hommes dominants ou considérés comme tels. Cette attitude est régie par la peur de l'autre. L'entretien de cette peur a permis à l'ethnie de survivre à la tribu. Cette dernière a évolué en société générale avec un code de vie plus large et une éthique – tous deux - tirés de la diversité de ses composantes. Une alternative que l'ethnie récuse. Comment ?

Alors que la tribu intègre par alliance ou par partenariat pour s'élargir et évoluer, l'ethnie scrute les traits caractéristiques de l'appartenance identitaire en mettant en avant la communauté linguistique, puis religieuse et celles de traditions altérées. L'arrêt sur la langue parlée empêche toute évolution au niveau de cette langue. Il est même question de « langue pure » celle ancienne, par rapport au niveau de langue en développement qui a intégré des emprunts dus à la proximité.

L'ethnie refuse la sociabilité qui est, également, un phénomène révolutionnaire. La sociabilité repose sur une participation distinctive en termes d'évolution sociale moderne. Non empirique. Par exemple, le football qui utilise vingt-deux joueurs sur une aire de jeu relève d'une sociabilité populiste alors que le tennis de champ, qui implique deux personnes ou quatre en double, est plus sélectif. Aucun d'entre eux n'est une création d'essence ethnique. On ne crée pas au sein de l'ethnie, on obéit à ses règles traditionnelles pour avoir le bénéfice de sa protection locale, territoriale, précaire et fragile. Pas plus. Créer implique des apports extérieurs qui bousculent les traditions. C'est pourquoi l'ethnicisme ou ethnostratégie est une hypocrisie politique dont le seul objectif est de profiter des autres…

 

LA NUISANCE DE L'ETHNIE - L'ethnie en tant que représentation sociale factice se renforce de temps en temps, notamment en des moments cruciaux dans les sociétés dont l'évolution sociopolitique a subi une ou des ruptures. C'est le cas de l'Afrique et d'autres continents comme l'Asie. À dessein les colonisateurs y ont crée une confusion entre l'ethnie et la tribu pour nier à ces peuples toute conception d'évolution en nation. Il s'agissait  de leur dénier toute communauté de vue et d'existence alors qu'ils vivaient sur le même territoire suivant des codes d'échange et de collaboration propres.

Qu'ils soient d'origine arabes - à travers la religion - ou d'exploitation coloniale - à travers l'économie - l'on a fait croire à ces peuples que de par leur ethnie, leur mode de vie et comportement, leur langue ou la religion d'adoption, ils avaient un ascendant sur les autres ou vice versa. Cela n'a rien à voir avec les stratigraphies sociales de ces peuples ou leurs modes de vie. Ils auraient pu évoluer selon les besoins.

Le piège de la stagnation à travers l'ethnie s'est donc refermé sur ces peuples qui se sont conformément, et subitement, crées une identité distinctive de leur ayant-droit. Une nouvelle identité reposant soit sur le nombre soit sur la supériorité contrefaite des us et coutumes - transformés à leur insu.

Pourtant, à travers le monde et au sein de ces États dominateurs et leurs peuples, il n'a jamais été question d'apports d'une ethnie, de découvertes ou de créations faites par une ethnie, pour le bienêtre de l'humanité. Au sein de l'ethnie l'innovation et la création qui nécessitent une ouverture sont proscrites par définition et par fondement. Quant à trouver une définition de l'ethnie, il s'agirait plus d'une aventure idéologique que de tentatives méthodologiques, sociologiques, ou philosophiques.

 

Praxis. Que nous apporte donc l'ethnie ? Pour y répondre, il n'est nul besoin des exemples de royaumes et empires fracassés à ses pieds. L'histoire guinéenne, quand on la considère, donne des leçons édifiantes.

La plaie accidentelle du président Ahmed Sékou Touré - Le premier président de la République de Guinée a dû se battre contre les considérations ethniques de sa propre famille. Bien que son accession au pouvoir ne découle absolument pas d'une succession ancestrale, les luttes de préséance lui ont imposées une prévalence familiale dans ses derniers gouvernements. D'où la connotation ethnique du « nous seulement », an-gbanssan-dé en malinké ; un slogan développé par des membres de son ethnie très éloignés des couloirs du pouvoir. Ces derniers ne pouvaient y participer que par abstraction. Il n'a même pas suffit aux yeux des uns et des autres de voir cette ethnie être expropriée du commerce dont elle vivait au profit du parti-État d'alors. Résultat, ce régime a été taxé d'ethnocentrisme alors même que les régions abritant l'ethnie malinké restent jusqu'alors les plus pauvres et les plus démunies du pays. Nuisance de l'ethnie.

L'impardonnable faute du Colonel Lansana Conté, président du Comité national de redressement-Cmrn - Y croyant à tort, le Général Lansana Conté met le pied dans l'étrier en traitant d'ethnocentrique le coup d'État de juillet 1986 dont le Colonel Diarra Traoré est accusé. Les noms de certains acteurs qui y participent, suffisent pour ce faire. Même si, en règle générale, les coups d'État militaires génèrent des réactions internes d'insatisfaction et se dédoublent. Il est d'ailleurs possible que ce fut un coup d'État fomenté par une élite de militaires malinkés. La meilleure façon d'étouffer l'ethnocentrisme aurait été de les sanctionner selon les lois civiles et militaires.

En lieu et place l'instinct traditionnel grégaire du Colonel Lansana Conté lui fait dire en soussou le « wo fatara », vous avez bien fait populiste qui mit sur la sellette une ethnie entière dont la majorité des membres n'était pas impliquée. Qu'est-ce que les soussous pont tiré du wo fatarahistorique ? Des nominations nominales qui n'ont eu aucune incidence positive sur la vie de leur ethnie. Avec le départ du Général Lansana Conté, ils se sont retrouvés en face de leur misère commune : des villes délabrées sans électricité et des administrateurs corrompus en voulant nourrir les familles élargies. Il n'y a aucune trace d'un développement régional de caractère ethnique.

À quoi sert l'ethnocentrisme en Guinée ou ailleurs ? À la destruction. Aussitôt que s'effondre le régime qui en reçoit le label, tout s'effondre dans un amalgame sordidement bien orchestré au fil des années : la revanche des autres ethnies. Nuisance ethnique.

 

L'égarement du Capitaine Moussa Dadis Camara, président du Conseil national pour la démocratie et le développement-Cndd - Se référant au Général Lansana Conté, le capitaine Moussa Dadis Camara, en quelques mois, a changé la physionomie de l'armée guinéenne. Il y a incorporé, à tour de bras, les ethnies du sud de la Guinée pour servir à ses fins. Erreur sur le recours et l'essence même de l'ethnie. Le président du Cndd ne sait pas que l'idéologie spécifique qui fait vibrer l'ethnie est l'identité dont les marques distinctives sont la langue et les traditions. Lorsque, victime d'un attentat, il quitte l'exercice actif du pouvoir, ce n'est pas un parti politique qui résulte de l'éveil idéologique identitaire mais plusieurs. Ils se caractérisent par des tendances représentatives des ethnies qui existent en Guinée forestière. Nuisance ethnique.

 

À PROPOS DE LA VENDETTA POLITIQUE ETHNOCENTRIQUE – Le résultat historique des accents mélancoliques de la partition ethnocentrique - jouée par les uns et les autres – en Guinée est une vendetta politique qui n'en finit plus. Elle lacère et transfigure  l'histoire de la Guinée à son détriment. L'éthique et le respect de soi ainsi que des autres se sont profondément effrités au détriment de populations manipulées auxquelles l'on offre un seul et unique repère : l'ethnie primaire.

On ne reconnait plus à Sékou Touré la libération de la Guinée du joug colonial, son panafricanisme, encore moins son combat pour la restauration de la dignité africaine. Ce sont plutôt les victimes du camp Boiro qui l'étiquettent. Les deux ne s'excluent pourtant pas.

On ne reconnait plus au Cmrn – Comité militaire de redressement national - son rôle historique d'avoir profité de l'essoufflement du totalitarisme politique du parti unique pour l'abattre, d'avoir initié la mise en place des institutions de démocratisation qui ont été par la suite vidées de leurs contenus.

Avec de mauvaises intentions, on parle de « premières élections transparentes en Guinée» en juin 2010 alors qu'elles sont les plus contestées avec les preuves les plus évidentes de fraudes jamais enregistrées dans l'histoire politique guinéenne. Les élections de 1960 restent encore dans les annales non contestables. Elles ont été organisées dans les conditions du consensus de la coalition des partis politiques avec le Pdg dans la lutte pour l'indépendance nationale.

On ne reconnait plus au Cndd son caractère d'accident politique douloureux pour le pays. À la place de son cortège de meurtres massifs, un cortège de sainteté lui a été attribué à travers un de ses vice-présidents, le Général Sékouba Konaté. Devenu président de la transition, il ignorait que sa nouvelle sainteté serait considérée partielle du fait d'être né inévitablement membre d'une ethnie donnée.

Bien que, les dirigeants et les hommes d'État se font au gré des hasards de l'histoire, on a crié haut et fort que c'était le tour d'une ethnie spécifique – les peulhs - de diriger la Guinée après les malinkés et les soussous ! Comme si le pays était soumis à une « ethnodynastie » stipulant que les représentants des ethnies se succèdent à la tête du pays selon un certain nombre d'années. Pourquoi ne l'a-t-on pas mentionné dans la dernière Constitution, en 2010 ?

Par ailleurs, même si on se base sur une entente tacite, non écrite, après Sékou Touré (Haute Guinée), Lansana Conté (Basse Guinée) pourquoi n'a-t-on pas laissé Moussa Dadis (Guinée Forestière) prendre le tour de son ethnie en se présentant aux élections nationales ? Il y a là dans la logique ethnostratégique et ethnodynastique un coup d'État injuste. Tels sont les réflexions nuisibles qui découlent de la Nuisance ethnocentrique.

En réalité, l'ethnie en tant que module politique d'élection est le rempart contre l'inefficience du discours politique. Cette dernière est liée à l'absence d'éducation politique des militants que les leadeurs de partis politiques négligent toujours. Que cela choque ou pas, l'on est forcé de reconnaitre que jusqu'ici en Guinée, la seule idéologie connue fut celle du Pdg de Sékou Touré. L'ethnie est aussi l'outil par excellence du leadeur sans envergure qui n'a pas de véritable ambition que celle de se préserver en devenant le « chef ». Il piège l'ethnie en l'utilisant à ces fins. Révisez vos manuels d'histoire. Tout leadeur politique qui s'installe au pouvoir sous l'égide de l'ethnie, sans consultation élargie, est voué à l'échec et à la vindicte de sa propre ethnie manipulée sur des promesses intenables au sein d'une nation en devenir. Que cela soit écrit et accomplie.

Par O. Tity Faye

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Published by O. Tity Faye - dans Libre expression
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